Afrique   -   CK Cypher 1 - Six artistes aux talents différents
12
Fev 2018
Posté par Ariel Mittag   -   dans Afrique   -   Aucun commentaires

L'initiative de Cdrik Koodjo de réunir sur une même prod de K-Tuch des rappeurs ayant chacun une approche différente de celle des autres est noble. Un effleurement de plusieurs thématiques sur un même son. Tandis que deux (Adjidja et Oxmoz) font l'encensement du old school, trois (Sasori, KC et Cdrik Koodjo) font de l'égo leur cheval de bataille et un autre (Rivaul) s'intéresse plutôt à la gent féminine. Ils réalisent ensemble un cypher fastueux pourvu du savoir-faire de chacun.

1- Sasori
Ce n'est pas la première fois qu'il se retrouve sur un cypher. On se rappelle le troisième du WAHH 2017. Sa vélocité ne change pas. En fait si ! Elle est plus aiguisée, mais offre une audibilité réelle ; ce qui contraste pourtant avec la lenteur du beat. Pour suivre la cadence, il adopte un flow rapide. Et cela lui va bien ! Puisqu'il fait l'ouverture, il installe un climat béat pour les passionnés du rap.

2- Adjidja
S'il commence avec de l'égotrip, il s'en sert comme d'un levier pour rappeler la "paresse artistique" qu'il ressent dans le rap (il est à cet effet appuyé plus loin par Oxmoz). Son couplet est d'autant plus attractif quand on se rappelle qu'il peut basculer dans plusieurs registres en surfant avec réalisme sur les vers. Adjidja s'exprime en deux langues : fon et français, puis s'en prend aux « rappeurs sans niveau ».

3- Rivaul
Dès le début, il modifie le rythme. Il la casse même ! Mais attention : il redirige le discours vers une autre ouverture. Ce n'est pas de l'égotrip, encore moins du rap old school. Il évoque plutôt les "filles de Calavi et de Vêdoko". Tentative osée sur une prod qui pourtant n'aurait pas de similitude avec ce thème. La technique de rap avec une structure AA/BB des rimes a le mérite d'être significatif.

4- Oxmoz
La voix nasarde, presque nonchalante et un timbre vocal reconnaissable. Il fait la part belle du old school, allant jusqu'à indexer « certains "fofo" qu'il rêve de prendre en feat ». Son texte donne l'impression d'être la suite de celui qu'il avait posé sur le premier cypher du WAHH 2017. Une éventuelle suite, mais avec une actualité soigneusement dissimulée. En effet, l'artifice rhétorique de sa dernière phrase fait mouche, car elle a l'allure d'une pique adressée à quelqu'un...

5- KC
Il n'est point besoin d'être technique pour écouter et comprendre son couplet. C'est bien la preuve que même la simplicité tient sa place sur le cypher. Et puis viennent les deux punchlines dont il fait usage. De toute évidence, il change le tempo avec une voix grave qui s'adoucit par la suite.

6- Cdrik Koodjo
L'initiateur du projet. C'est peut-être pour cela qu'il fait mention de la morsure qui fait de lui l'Alpha (comme sur la cover). Bien trouvé ! Et que dire de la finition du cypher sur une touche d'égotrip. Rapidité dans le service du flow et des rimes. Il s'était déjà illustré avec "Gbassa" et avec ce projet encore plus. Tout est bien qui finit bien !

Prenez donc le temps d'écouter le CK Cypher 1 pour juger du travail de chacun ; non pas dans une tentative de comparaison, mais plutôt de (re)découverte de potentiel.



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